CGV & vente en ligne
Médiateur de la consommation : l'obligation que presque tous les sites oublient
Médiateur de la consommation : pourquoi c'est obligatoire dès que tu vends à des particuliers, où afficher ses coordonnées, et l'amende jusqu'à 15 000 €.

Sommaire (19)
Tu as des CGV carrées, des mentions légales complètes, un bandeau cookies aux petits oignons. Et il manque quand même une ligne sur ton site — une seule — qui peut te coûter jusqu'à 15 000 € : les coordonnées de ton médiateur de la consommation.
C'est l'obligation la plus oubliée du e-commerce français. Pas parce qu'elle est compliquée, mais parce que presque personne ne sait qu'elle existe. Et la DGCCRF, elle, le sait très bien.
C'est quoi, le médiateur de la consommation ?
Le médiateur de la consommation, c'est un tiers neutre et gratuit pour le client, chargé de régler à l'amiable un litige entre un consommateur et un professionnel — sans passer par un tribunal.
Concrètement : un client n'est pas content (commande jamais reçue, remboursement refusé, produit non conforme), il a déjà contacté ton service client sans solution… il peut alors saisir ton médiateur, gratuitement, pour tenter de trouver un accord.
Depuis le 1er janvier 2016, tout professionnel qui vend un bien ou un service à un consommateur doit permettre à ce consommateur d'accéder à un médiateur. Ce n'est pas une option ni une bonne pratique : c'est inscrit dans le Code de la consommation (articles L611-1 et suivants).
Qui est concerné (et qui ne l'est pas)
La règle est large, c'est ce qui surprend tout le monde.
Tu es concerné si tu vends à des particuliers (B2C), quelle que soit ta taille :
- e-commerçant (boutique en ligne, marketplace, dropshipping) ;
- prestataire de services (coach, agence, SaaS, formateur) qui facture des particuliers ;
- artisan, profession libérale, auto-entrepreneur dès qu'il y a un client consommateur ;
- même un petit site avec deux ventes par mois.
Tu n'es pas concerné uniquement si tu vends exclusivement à d'autres professionnels (B2B pur). Dès qu'un seul de tes clients est un particulier, l'obligation s'applique.
Le réflexe « je suis trop petit pour être concerné » est précisément ce qui transforme un contrôle de routine en amende.
Ce que dit la loi : deux obligations distinctes
Beaucoup pensent qu'il suffit d'« écrire un nom de médiateur quelque part ». Faux. Il y a deux obligations, et la première coûte de l'argent.
1. Adhérer à un médiateur référencé
Tu dois adhérer à un dispositif de médiation, c'est-à-dire choisir un médiateur et souscrire chez lui (souvent un abonnement annuel modeste). Ce médiateur doit être référencé par la CECMC, la Commission d'évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation, qui tient la liste officielle des médiateurs agréés.
Un nom de médiateur copié sur le site d'un concurrent, sans adhésion réelle de ta part, ne te couvre pas. Si un client le saisit, le médiateur répondra qu'il ne te connaît pas — et tu seras en faute.
2. Afficher ses coordonnées, au bon endroit
Une fois adhérent, tu dois communiquer les coordonnées de ton médiateur de façon visible et accessible (article L616-1 du Code de la consommation) :
- sur ton site web, dans un endroit facile à trouver ;
- dans tes CGV ;
- et, idéalement, sur tes bons de commande, factures et e-mails de confirmation.
Tu dois indiquer trois éléments précis :
- le nom du médiateur (ou de l'entité de médiation) ;
- son adresse postale ;
- l'adresse de son site internet.
C'est cette ligne-là, ces trois informations, qui manquent sur l'immense majorité des sites — y compris des sites par ailleurs très propres.
Ce que tu risques si tu ne le fais pas
Deux niveaux de risque, et ils se cumulent.
Le risque administratif. Ne pas communiquer les coordonnées de ton médiateur est sanctionné par une amende administrative pouvant aller jusqu'à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale (article L641-1 du Code de la consommation). C'est la DGCCRF qui contrôle, souvent à distance, parfois après une simple plainte client.
Le risque commercial. Un client mécontent qui ne trouve pas de médiateur se tourne plus vite vers un avis 1 étoile, un signalement, ou directement le tribunal de proximité. La médiation, c'est aussi ton meilleur pare-feu contre les litiges qui dégénèrent.
15 000 €, pour une obligation qui se règle en une après-midi et quelques dizaines d'euros par an : c'est le plus mauvais rapport risque / effort de toute ta conformité.
Comment te mettre en règle en 3 étapes
Rien d'insurmontable. Compte une à deux heures, une fois.
Étape 1 — Choisir un médiateur référencé
Rends-toi sur la liste officielle des médiateurs référencés (CECMC) et choisis-en un adapté à ton secteur. Plusieurs dispositifs couvrent le e-commerce et les services aux particuliers. Si tu es adhérent d'une fédération professionnelle, elle a souvent un médiateur attitré.
Étape 2 — Adhérer
Tu souscris auprès du médiateur choisi. Tu reçois en retour tes coordonnées officielles à publier (nom, adresse, URL). Garde la preuve de ton adhésion : c'est elle qui fait foi en cas de contrôle.
Étape 3 — Afficher les coordonnées partout où il faut
Ajoute le bloc « Médiation de la consommation » :
- dans une page dédiée ou tes mentions légales ;
- dans tes CGV (à côté du droit de rétractation) ;
- dans tes e-mails de confirmation de commande.
Tes CGV ne sont pas à jour sur ce point ? Vois d'abord ce que doivent contenir des CGV obligatoires — le médiateur n'est qu'une des mentions souvent manquantes.
Comment se déroule une médiation, concrètement
Pour dédramatiser, voici le parcours type :
- Réclamation préalable. Le client doit d'abord t'avoir écrit (service client) sans solution satisfaisante. La médiation ne se déclenche pas « à froid ».
- Saisine du médiateur. Le client dispose en général d'un an pour saisir ton médiateur, gratuitement.
- Instruction. Le médiateur examine le dossier, recueille ta position et celle du client.
- Proposition. Il propose une solution amiable. Tu n'es pas obligé de l'accepter, et le client non plus — mais dans les faits, beaucoup de litiges se terminent là, sans tribunal.
Pour le client, c'est gratuit. Pour toi, le coût se limite à ton adhésion annuelle (et parfois un forfait par dossier traité, selon le médiateur).
Les erreurs fréquentes à éviter
- ❌ Recopier un nom de médiateur sans avoir adhéré : ça ne te protège pas, et c'est même pire.
- ❌ Mettre les coordonnées uniquement dans les CGV : la loi demande aussi une information visible sur le site.
- ❌ Indiquer « un médiateur peut être saisi » sans nom ni adresse ni URL : les trois éléments sont obligatoires.
- ❌ Croire qu'un service B2B est exempté alors qu'une poignée de clients sont des particuliers.
- ✅ Adhérer, publier les trois informations exactes, conserver la preuve d'adhésion.
Le réflexe à prendre maintenant
Le médiateur de la consommation, c'est typiquement le genre d'obligation qu'on ne voit pas… jusqu'à ce qu'un contrôle ou un client la révèle. Le plus simple, c'est de vérifier où tu en es avant qu'on te le rappelle.
Lance le scan gratuit de Lumiq : en 30 secondes, sans inscription, il lit tes pages légales et te dit si tes coordonnées de médiateur sont bien en ligne — en même temps que tes mentions légales, CGV, RGPD et cookies. Et si une mention manque, Lumiq te génère les documents corrigés, à jour du droit français.
Questions fréquentes
Le médiateur de la consommation est-il vraiment obligatoire pour un petit site ?
Oui. L'obligation ne dépend pas de ton chiffre d'affaires ni de ton volume de ventes, mais du fait que tu vends à des consommateurs. Un auto-entrepreneur avec quelques ventes par mois est concerné au même titre qu'une grande boutique.
Combien coûte un médiateur de la consommation ?
Pour le consommateur, la médiation est gratuite. Pour toi, le coût se limite à une adhésion annuelle auprès du médiateur référencé que tu choisis — généralement quelques dizaines d'euros par an, parfois complétée d'un forfait par dossier traité.
Où dois-je afficher les coordonnées de mon médiateur ?
Sur ton site web (endroit facilement accessible), dans tes CGV, et idéalement dans tes e-mails de confirmation de commande. Tu dois indiquer trois informations : le nom du médiateur, son adresse postale et l'adresse de son site internet.
Quelle amende si je n'ai pas de médiateur affiché ?
Le défaut de communication des coordonnées du médiateur est passible d'une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale (article L641-1 du Code de la consommation).
Suis-je obligé d'accepter la solution proposée par le médiateur ?
Non. La médiation aboutit à une proposition de solution amiable que ni toi ni le client n'êtes contraints d'accepter. L'obligation porte sur le fait de permettre l'accès à la médiation, pas sur l'issue du litige.
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